Les voyages de Flaubert : Sous les pommiers, les orangers.

Il y a 150 ans naissait Gustave Flaubert.

Annie Rizk , professeur de lettres en classes préparatoires évoquera ses voyages lors de cette conférence.

A l'époque de Flaubert, voyager était déjà une mode, parfois une recommandation médicale, souvent l'expression d'un désir existentiel façonné par l'exotisme romantique. A l'âge de dix-huit ans, dans une lettre du 15 juillet 1839 à son ami Ernest Chevallier, Flaubert se plaint « Nous voilà confinés pour deux mois dans cette huître de Rouen ». Revenu à Croisset, il s'ennuie profondément et rêve de rejoindre son ami Maxime du Camp parti en Orient.

A travers les années, Flaubert voyagea ... Après l'expédition dans les Pyrénées et en Corse en 1840 et en Italie en 1845, ce furent l'Egypte, la Syrie, la Grèce, l'Italie en 1850 puis l'Afrique du Nord en 1858 pour la documentation de Salammbô. Mais ce ne fut pas un voyageur ordinaire, ni même un écrivain-voyageur.

Dans sa Correspondance, il dénonce ainsi l'illusion des voyages dans une formule célèbre : « Demander des oranges aux pommiers est une maladie commune».

Ce sont ces contradictions qu'il importera de sonder, en les appliquant à la littérature, au cours d'un itinéraire qui nous ramènera en Normandie où l'écrivain affirme qu' « Yvetot vaut bien Constantinople » Pour l'ermite de Croisset, les voyages furent à la fois une invitation à l'écriture et la conscience d'une impossibilité d'écrire et au retour, la découverte d'un style singulier, né de la certitude que le véritable exotisme consistait à voir sous les pommiers... les orangers.

Mercredi, 24 novembre, 2021 - 18:15 - 19:30
Salle de la Minot - Maison de l'Enfance et de la Famille
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