La vie à Montivilliers sous l'occupation par Stéphane LOBRUTO

Conférence dans le cadre du cycle de conférences de M.H.A.D. par Stéphane LOBRUTO, enseignant au collège Georges BRASSENS à Épouville et étudiant en Master 2 recherche à l'Université du Havre sous la direction du professeur BARZMAN.

Montivilliers pendant la Seconde Guerre mondiale. Voilà un sujet qui ne fait pas dans l'innovation à première vue tant sont nombreuses les études locales portant sur cette période agitée de notre Histoire, qu'elles soient le fait de travaux universitaires ou de témoignages personnels. La grande ville voisine du Havre, si meurtrie par les bombardements de septembre 1944 n'échappe pas à la règle.

C'est la première originalité du sujet. La ville de Montivilliers a connu un passé glorieux, quand ses draps circulaient dans toute l'Europe au Moyen Âge, quand son abbaye de femmes refondée par le duc de Normandie Robert le magnifique en 1035 jouissait d'une grande réputation avec ses abbesses issues des plus grandes familles normandes puis françaises. Étonnamment, l'Histoire semble s'être arrêtée à Montivilliers au moment de la Révolution française, lorsque la Cité des Abbesses lutta farouchement contre sa grande voisine pour conserver son rôle de siège du pouvoir local qui inéluctablement lui échappait. Les études sur l'époque contemporaine sont rares alors que les archives sont là et bien là, n'attendant que de bonnes volontés pour s'y plonger...

Alors, Montivilliers était-elle une ville morte comme la qualifiait férocement un géographe du début du XXe siècle ? Bien sûr qu'elle fait pâle figure à côté de la cité de François Ier, mais à bien y regarder, comment expliquer alors que sa population croisse régulièrement au fil des recensements ? C'est que, vestige de son prestigieux passé médiéval, elle a conservé ses marchés dynamiques et son rôle de « grande banlieue alimentaire » aux portes de la grande ville. C'est là le deuxième intérêt de cette étude. Géographiquement, Montivilliers est une ville qui par bien des côtés conserve de puissantes attaches rurales tout en étant aux portes d'un complexe industriel déjà puissant dans les années 30. Cet espace « entre-deux » sera illustré par bien des exemples au cours de notre étude : les réfugiés havrais en font une destination privilégiée ; ces mêmes Havrais viennent s'y approvisionner en ces temps de ravitaillement difficile, déclenchant l'ire des locaux qui souffrent eux aussi des restrictions ; la forteresse allemande traverse la commune mais laisse le centre-ville à l'extérieur de la ceinture de béton ce qui explique sa libération précoce par rapport au Havre, mais aussi qu'elle soit victime de tirs d'artillerie venus des blockhaus que bien de ses hommes ont contribué à ériger ; les bombardements alliés épargnent la ville qui abrite pourtant de nombreuses troupes d'occupation et accueille les entreprises qui travaillent sur le Mur de l'Atlantique

Entrée : 4 € (gratuite pour les membres de l'association)

Vendredi, 4 novembre, 2016 - 18:15 - 19:30
Salle Michel Vallery à Montivilliers
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